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* Critique: Théâtre: «Pierre, Jean, Jacques» de Ray et Michael Cooney: Benoit, Luc et Martin frappent un autre grand coup!
[ Opinions et comptes rendus | Écrit par : yanik @ 08:58pm le 31st of December ]
Brossard, lundi, le 16 juillet 2018 - Pour une onzième année, Martin Drainville, Benoît Brière et Luc Guérin, comédiens, amis, complices, partenaires d’affaires, prennent d’assault la scène de la salle Desjardins du Théâtre du Vieux-Terrebonne pour offrir, avec une joyeuse bande de camarades, une comédie légère, un divertissement pur qui ne prétend à rien de plus que de faire rire solide. Après le triomphe de leurs «3 Ténors» de l’an dernier, le triumvirat a mis la main sur les droits de 'Tom, Dick And Harry' du maître du vaudeville britannique Ray Cooney – et de son fils Michael –, pièce écrite en 2003, vingt ans après 'Run for Your Wife', présentée au Québec chez Duceppe, en tournée et par la suite dans des théâtres d’été sous le titre «Haute Fidélité» avec Michel Dumont et feu Claude Michaud.

Ce n’est donc pas d’hier que Cooney roule sa bosse, lui qui a aujourd’hui 84 ans et qui écrit toujours. Assez justement surnommé le Feydeau anglais, Cooney est le maître du quiproquo et ses pièces ne se contentent pas de présenter une seule situation compromettante pour le personnage principal. À toutes les vingt pages (mon estimation complètement gratuite et non-scientifique!), on en rajoute une couche. Jusqu’à ce qu’on se dise : «Mais non, là, il ne pourra pas en prendre plus! Il va se péter une crise cardiaque!» Mais on en rajoute encore… presque jusqu’à la fin!

Dans «Pierre, Jean, Jacques», c’est Pierre, un banlieusard sympathique, généralement bon et honnête, qui se retrouve pris dans une série de péripéties abracadabrantes qui «clenchent» dans l’absurde (imaginez un véhicule à 18 vitesses!), mais aussi dans l’illégal, à cause de ses deux bozos de frères (vous l’avez deviné, Jean et Jacques) qui n’ont clairement pas inventé le bouton à quatre trous et auxquels on ne devrait même pas confier le changement d’une ampoule électrique!

Pierre (Benoît Brière) et sa femme Linda (Évelyne Rompré) veulent adopter un enfant et attendent la visite de madame Potvin (Isabelle Drainville) qui évaluera leur candidature, leur mode de vie, l’environnement dans lequel ils entendent élever l’enfant. Malheureusement pour eux – mais surtout pour Pierre puisque ce dernier réussira pas mal à détourner l’attention et le regard de sa femme pour la protéger de toutes les affaires invraisemblables qui se passent autour d’eux –, Jean et Jacques sont dans les parages... et c’est par eux que (presque) tous les malheurs arrivent.

Ici, on ne parle pas d’une petite tromperie folichonne comme c’est souvent le cas dans les pièces de Cooney. Non, non, on parle de grosses affaires illégale! Comme du trafic de cigarettes de contrebande, des vols de cadavres à la morgue, des immigrants illégaux cachés dans la camionnette blanche pendant que les cigarettes passent les douanes… et j’en passe! Une affaire n’attend pas l’autre, comme le dit le dicton.

Pris au milieu d’un feu roulant de courses, de portes qui s’ouvrent et se referment, de sacs incriminants qu’il faut cacher comme on peut, d’étrangers qui boivent un peu trop et qui deviennent de plus en plus difficiles à camoufler, Pierre et ses frères deviennent de plus en plus menteurs, s’approchent de plus en plus près de la psychose ! Jusqu’à ce que…

Bien qu’il tombe beaucoup dans les mimiques et les simagrées auxquelles il nous a habitués et qu’on a l’impression qu’il finit toujours par jouer le même personnage dans ce genre de pièce, force est d’admettre que Benoît Brière est un virtuose dans le genre. Oui, on a droit à un peu trop de cabotinage, mais le public en redemande alors… pourquoi ne leur donnerait-il pas? Un peu plus nuancés, Martin Drainville et Luc Guérin sont excellents et au sommet de leur forme. Tant dans le jeu physique que dans la répartie, ils sont impressionnants.

Autour d’eux gravitent Évelyne Rompré et Isabelle Brouillette jouant de façon impeccable les straight women tout en décrochant de bons rires du public. Stéphane Jacques, dans le rôle du constable (parce que ça en prend bien un dans une histoire aussi alambiquée même si elle est solidement ficelée), a le ton juste. On s’amuse avec cette composition du policier qui parle comme s’il était le porte-parole du SPVM avec les phrases toutes faites et un peu trop bien prononcées. Pour sa part, Normand Carrière, en migrant albanais, est impressionnant, tant dans les pirouettes verbales que physiques. Et tout ça dans une langue étrangère! Idem pour la jeune Ann-Catherine Choquette qui joue la nièce du migrant. Enfin, Hugo Giroux (le François Dupéré du téléroman «O’») tire son épingle du jeu dans un petit rôle clé qui vient rajouter une autre couche à tous les problèmes qui s’accumulent pour Pierre.

Ainsi, «Pierre, Jean, Jacques» est une machine bien huilée dans laquelle neuf interprètes heureux semblent prendre leur pied. Une production léchée, une mise en scène efficace d’Alain Zouvi et une soirée de divertissement solide, malgré le fait que l’on pourrait peut-être en couper une demi-heure.

*****
«Pierre, Jean, Jacques» ('Tom, Dick and Harry') de Ray Cooney et Michael Cooney
Traduction : Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin
Mise en scène: Alain Zouvi
Avec Benoît Brière, Normand Carrière, Ann-Catherine Choquette, Isabelle Drainville, Martin Drainville, Hugo Giroux, Luc Guérin, Stéphane Jacques et Évelyne Rompré
Une production Les Productions Ménage à Trois en collaboration avec le Théâtre Théâtre du Vieux-Terrebonne
Du 7 juin au 18 août 2018 (2h40 incluant l’entracte)
Salle Desjardins – Théâtre du Vieux-Terrebonne, 866, rue Saint-Pierre, Terrebonne
Réservations : 450-492-4777 ou theatreduvieuxterrebonne.com

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